Création d'un pôle antimafia en Corse
A l’Assemblée de Corse, le ministre de la Justice a annoncé la création d’une structure judiciaire antimafia qui s’ajoutera au Parquet national contre le crime organisé, prévu pour 2026 avec soixante magistrats.
Le gouvernement a décidé de déclarer « la guerre » à la mafia en Corse. Jeudi 27 février 2025, lors de la session de l’Assemblée de Corse consacrée à la lutte contre les dérives mafieuses, le ministre de la justice a annoncé « une révolution de l’action de l’Etat contre le système mafieux insulaire ».
Il s’agit de la reconnaissance institutionnelle d’une réalité mafieuse en France.
Le président de l’exécutif de la collectivité territoriale de Corse a qualifié l’intervention du garde des sceaux « de moment politique important ».
Venu avec les deux chefs de la justice sur l’île – la première présidente de la cour d’appel de Bastia, et le procureur général –, le ministre de la Justice a livré les détails de cette mobilisation.
La Corse va disposer de sa propre structure judiciaire antimafia (à l’instar du système judiciaire italien), un pôle spécialisé installé à Bastia. Elle s’ajoutera au Parquet national contre le crime organisé (PNACO), doté de soixante magistrats et d’un pouvoir d’évocation, qui verra le jour, le 1er janvier 2026, et dont les contours sont actuellement examinés par le Parlement.
Ce pôle antimafia corse, qui comprendra des membres du ministère public et des magistrats expérimentés du siège, pourra compter sur des enquêteurs spécialisés et des assistants judiciaires. Ces personnels vivront sur l’île.
Cette structure unique en France aura les moyens techniques et humains du PNACO : enquêteurs spécialisés, notamment en matière financière, outils d’interception de communications cryptées, infiltrations des réseaux ou recours aux repentis bénéficiant d’un nouveau statut aligné sur celui en vigueur en Italie.
En outre, le ministre de la Justice va renforcer les effectifs des tribunaux d’Ajaccio et de Bastia. Cinquante personnes vont venir en renfort : dix-sept magistrats, vingt et un greffiers et douze assistants spécialisés. Autre innovation, les personnels dévolus à la lutte contre l’emprise mafieuse seront soumis à des procédures d’habilitation.
Les magistrats, les agents pénitentiaires, les fonctionnaires de police ou les assistants spécialisés répondront à des enquêtes de personnalité pour prévenir les risques de fuites et de corruption.